Audioguide et audiodescription
Un audioguide accompagne un regard. Une audiodescription le remplace. Ce sont deux métiers, et je les aime tous les deux.
J'ai prêté ma voix aux parcours de l'Institut du monde arabe, du Petit Palais, du Grand Palais et du musée de la Vie romantique, et à l'audiodescription du Centre d'art contemporain Daniel Havis, pour Matmut pour les Arts, avec Zeugmaconcepts.
Dans un audioguide, la voix marche à côté du visiteur. Elle ne doit ni le devancer ni le retenir devant l'œuvre ; elle donne ce qu'il faut pour regarder mieux, puis elle se tait. Le ton est celui d'une conversation cultivée, sans pédagogie appuyée.
L'audiodescription demande autre chose. Pour un visiteur aveugle ou malvoyant, la voix est l'œuvre : elle décrit les formes, les matières, les couleurs, l'espace, dans un ordre qui construit une image mentale. Le texte est écrit pour cela, et la voix doit être d'une précision absolue, sans jamais interpréter à la place de celui qui écoute. C'est un exercice d'humilité et d'attention que je considère comme l'un des plus exigeants de mon métier.
Je travaille avec les producteurs de parcours et les musées dès l'écriture quand c'est possible, et j'enregistre en français, en anglais et en arabe, ce qui permet à une même voix de guider des publics différents dans un même lieu.
Institut du monde arabe, Petit Palais, Grand Palais, musée de la Vie romantique, Matmut pour les Arts, Qatar Museums.